Sur les pavés

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Je me suis déjà cassée la binette, plusieurs fois, dont une fois devant des ouvriers matinaux et manifestement hilares.

Sous les pavés, j’ai vu aussi la plage, deux fois, et je me suis trempée jusqu’au cou, deux secondes c’est tout, parce que mine de rien, l’océan ça caille sévère !

J’ai trouvé un nouveau coin de chez moi, après 6 visites en 4 jours, un de plus sur la liste de tous ceux que j’ai déjà eu sur cette planète. Il est tout petit, très ensoleillé, j’y ai collé mes cartes postales préférées, des citations, des posters ramenés avec moi. J’ai investi mon coin de frigo et mon placard attitré dans la cuisine, je tente de trouver ma place au milieu de 7 autres personnes, ça avance, petit à petit, on n’est pas pressés.

J’étais contente de ne pas rester trop longtemps en auberge de jeunesse, seulement les 6 premiers jours au final, c’était faisable mais il était temps que ça cesse. Pas de chance du côté des compagnons de chambrée, entre un Italien ronfleur pathologique, un jeune homme muet comme une tombe et un pervers schizoïde de 50 ans qui voulait qu’on cherche une chambre ensemble et s’asseyait à côté de mon lit avec son coude sur mon oreiller pendant que je dormais. J’adore les auberges de jeunesse, vraiment, mais cumuler un boulot et un tel manque d’intimité a été une rude épreuve.

J’ai renoué avec l’entreprise, avec la boule au bide en se levant le matin, avec le 9-17h, avec le positivisme forcené, avec le jargon incompréhensible et hypocrite. Mais heureusement aussi avec les collègues, qui sont adorables, avec la joie déjà de les retrouver et de former une équipe avec eux. J’attends avec impatience la fin de la formation pour que ces fichues 8 heures par jour n’en deviennent plus que 5, ceci dit. Plus qu’une semaine.

J’ai renoué avec la ville qui m’avait tant plu il y a quasi 8 ans de cela. Ça c’est ce qu’on appelle une relation qui prend son temps. Je retrouve d’anciens amis, j’en rencontre peut-être déjà des nouveaux, je découvre la ville de ce côté-ci de la barrière, celui de ceux qui vivent là, celui qu’en tant que touriste on ne fait au mieux qu’entrevoir. Les concerts dans la rue, les fêtes de juin, l’odeur des sardines qui grillent dans tous les coins est plaisante, même si je n’en mange pas. Le beau temps qui est bien installé enfin, même s’il fait froid la nuit, quand le soleil se couche et que le vent se lève, on regrette vite la petite veste qu’on a oubliée en partant le matin.

J’apprivoise chaque jour un peu mieux les transports en commun, je n’ai presque plus besoin de regarder de quel côté de la ligne de métro se trouve ma station (ok, il y a 4 lignes mais tout de même), j’ai un bus en bas de ma rue qui m’amène quasiment devant mon boulot. J’adore prendre le bus, les chemins sont si beaux !

J’ai fait la fête, plutôt pas mal, j’ai vu le soleil se lever sur l’estuaire lors de mon premier week-end, entourée de nouveaux et d’anciens compagnons. J’ai une chance inouïe je le sais de déjà avoir des amies ici, qui s’occupent bien de moi, m’invitent à des parades, me prêtent des pulls quand j’ai oublié le mien, me proposent des barbecues avec leurs amis, m’emmènent à la plage en voiture et globalement me donnent l’impression de ne pas être totalement seule dans ce vaste océan d’indifférence internationale.

Je renoue avec la mentalité latine qui m’avait tant manquée, apparemment, même si je ne m’en étais pas rendue compte. Je parle aux gens dans la rue et nous nous comprenons, même si les progrès à faire de mon côté encore donnent le vertige. Je savoure chaque syllabe de cette langue que j’apprécie un peu plus chaque jour, même si ça n’est pas exactement celle que j’ai apprise, même si cet accent me fait galérer car il ne ressemble à rien de ce à quoi mon dernier voyage, le plus long, le plus incroyable, m’avait habitué. Je conjugue mes verbes à la zbeul et ma grammaire ne ressemble à rien mais ça va, on n’est pas pressés.

On n’est pas pressés c’est vrai mais la course de haies qu’on débute au pas de course quand on déménage dans une nouvelle vie est, elle, bien réelle. Et elle m’a envoyée au tapis ces derniers jours, avec fièvre et tout le tintouin. De quoi se motiver à donner quelques nouvelles, entre deux siestes arrachées à mes obligations salariales (les meilleures, on ne le dira jamais assez).

 

 

 

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