C’est quoi ce bruit?!

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Alors non le blog n’est pas mort, je sais, c’était pas forcément évident, là comme ça au premier coup d’œil.

J’ai très envie de profiter de l’arrivée de 2017 de manière très putassière pour, oula!, « faire le bilan », « marquer le coup » comme on dit, j’en passe et des plus mûres. Alors autant le dire tout de suite, si j’espère tout de même que je tiendrais au moins la résolution d’accroître ma productivité sur le blog, les promesses n’engagent que ceux qui les croient (donc moi, non mais la naïveté des fois…)

C’est facile de profiter de cette période pour penser au passé et essayer d’entrevoir le futur, l’exercice est sympa et j’aime volontiers m’y livrer, parfois jusqu’à en perdre le sommeil. Alors un début d’année c’est souvent un bon moment pour essayer d’y voir plus clair et essayer de ne pas culpabiliser de ne pas y parvenir. Si l’avenir paraît toujours aussi obscur, l’accepter comme un fait. Si la lumière est pauvre, et bien qu’elle le soit, ainsi que le dit Tanizaki dans Eloge de l’ombre, un bouquin croyez-moi qu’il est bien.

L’année dernière en avril j’ai ouvert ce blog avec l’ambition affichée d’écrire davantage. Et ça a été le cas, j’ai rarement autant écrit que cette année. Je sais c’est à peine croyable. L’écriture, de hobby à tendance vocationnel, est en train de se transformer en générateur de tune. Je profite en effet depuis mon arrivée à Lisbonne d’un job alimentaire à mi-temps qui m’a donné l’occasion d’expérimenter la vie de free-lance à mi-temps également, avec des ratages spectaculaires et certaines victoires, qui ont fait que effectivement j’ai écrit bien davantage et vais, croisons les doigts, continuer à le faire. Pas forcément du journalisme, ou pas que, ça c’était plutôt 2015 mais des histoires, des vraies, des scénarios. Ça me plaît énormément mais voilà, la principale qualité d’un hobby étant son absence d’exigence productiviste, ça rend l’écriture récréative légèrement plus complexe (Nepsie en parle très bien ici), mais ça ne l’a pas tuée pour autant. Je ne laisserais pas ça arriver, peu importe ce que cela me demandera.

Au niveau géographique, cette année a encore été un maelström pas possible mais avec une certaine cohérence malgré tout, car entre le Brésil et le Portugal, elle été placée sous le signe de la lusophonie. Je suis vraiment tombée amoureuse de cette langue, quand bien même c’est devenu entretemps non plus seulement la langue des voyages mais aussi celle de l’administration et de la vie quotidienne, ça n’a pas entamé la joie simple de la parler tous les jours, c’est incroyable cette longévité, surtout pour moi et ma tendance au butinage superficiel. Cette année a été une année culturelle riche aussi, de butinage là aussi, intense, toujours joyeux et décomplexé, j’ai peu lu, de livres, je n’ai jamais autant consommé d’articles sur tous les sujets. J’ai découvert quantité faramineuse de nouveaux groupes ou chanteurs et chanteuses, peu de films mais beaucoup de séries (on a toujours que 24h dans une journée), de nouveaux podcasts, de nouveaux concepts, de nouveaux sons, de nouvelles idées, qui m’ont parfois confirmé l’intérêt ou la bêtise de celles que j’avais déjà en tête, qui parfois ont ramené au centre certaines qui n’existaient qu’à ma périphérie.

Ma nouvelle ville aussi me plaît toujours autant bien que ces derniers temps j’y ai fait l’expérience un peu plus amère de la solitude, qu’elle soit subie ou parfois choisie. Depuis que je suis partie de Budapest, j’ai parfois la nostalgie de ma vie là-bas, sans pour autant regretter mon choix. La mémoire est traîtresse, je me rappelle sans doute y avoir été beaucoup plus entourée que je ne l’ai au fond véritablement été. Si je suis totalement honnête, je me suis aussi sentie seule à crever là-bas, par moments. Tellement seule que je ne supportais pas de passer une soirée isolée dans ma chambre. Ici je l’apprivoise cette solitude, au fond assez relative (j’habite tout de même avec 7 personnes et comment se sentir seule lorsque les poils de Bernardo ou les cheveux de Elvira bloquent le siphon de la douche ?) avec au final un certain plaisir, je m’apprivoise moi-même dans le même temps, je suis moins frénétique, plus dans l’introspection, disons que je dirige aussi mes efforts ailleurs, que je m’éparpille moins. Est-ce que ça serait cela aussi la maturité ?  J’ai rencontré de belles personnes, j’en connaissais déjà avant d’arriver et certaines ne sont déjà plus là, et si j’espère en rencontrer d’autres, je me sens plus auto-suffisante qu’avant. J’ai appris à me fâcher, à pardonner, à laisser partir quand il le fallait. Les amis de l’Europe entière viennent régulièrement camper sur mon lit d’appoint, ces amis qui sont toujours là, bien que moi je n’y sois plus ou même n’y ait jamais été.

2016 c’est aussi, assez paradoxalement, l’année où j’ai passé le plus de temps en France quasiment depuis que je l’avais quitté. Trois mois quasiment entiers à mon retour du Brésil, lorsque j’ai pris la décision de laisser Budapest derrière moi et que, faute de plan B vraiment établi, je suis retournée vivre chez mes parents. Moi qui rentrait à l’époque du voyage le plus incroyablement étourdissant de ma vie, j’ai été totalement surprise et prise de court. Par tout, par la ville, celle de ma naissance, qui change en bien, par la proximité de mes amis de la première heure et de ma famille, par la maison de mon enfance, par toutes les possibilités que je n’avais jamais voulu envisager quand j’étais plus jeune et que je ne pensais qu’à partir, par certaines personnes que j’avais perdu et qui sont maintenant retrouvées. J’ai envisagé de rester cette fois, un peu, presque on peut le dire, et puis finalement non. Je ne suis pas prête encore. Mais j’ai planté une autre graine dans ma petite jardinière à projets, qui sait si elle germera et, si oui, à quoi ressemblera sa fleur ? Ces dernières années, certaines sont mortes avant même d’éclore, d’autres ont poussé, grandi, embelli puis se sont fanées sans donner de fruits, d’autres ont pris leur place et se frayent maintenant un chemin parmi les herbes folles. Aucune ne pousse vraiment droite, il y a parfois besoin de tuteurs, mais j’apprends à l’accepter, même si ça n’est pas toujours si simple, au quotidien.

Je ne sais pas si la fleur de Lisbonne va faner bientôt ou continuer de grandir. Si elle retourne en terre ce sera sans doute parce que quelque chose de plus important aura pris sa place et qu’elles ne pourront pas pousser côte-à-côte. De manière symptomatique, j’aime quelqu’un et il est loin, vraiment loin, après avoir été prêt au point de partager ma chambre pendant presque un mois, la transition fut rude. Vraiment loin et depuis je suis à la fois en couple et seule, soutenue mais pas accompagnée. Alors si les choses ne se résolvent pas aussi simplement que prévu, dans ce cas qui sait… ? Avec tout ça, le besoin de se créer sa propre zone de confort, qu’on pourra transbahuter partout avec soi, devient de plus en plus pressant. Si elle n’existe pas, ça ne sert à rien de croire à tout prix que c’est en en sortant que « the magic will happen »… encore une injonction contradictoire qui me donne toujours l’impression d’un malentendu persistant.

Je préfère les années impaires. Les années paires sont depuis quelques temps celles des transitions délicates, souvent salutaires certes mais parfois aussi douloureuses et surtout très fatigantes. Je sors de 2016 et je suis fatiguée, même si le passage du premier janvier m’a donné un coup de fouet symbolique (mais pas que, aussi sous la forme d’un roulé-boulé alcoolisé sur un trottoir détrempé, il fallait bien marquer le coup !) et que les vacances en famille m’ont remis sur les rails de la confiance en l’avenir, que les mois de novembre et décembre avaient sérieusement entamé. D’autres transitions auront sûrement lieu encore cette année, difficiles à prévoir, mais j’espère en attendant de déjà voir les fruits et les fleurs que j’ai arrosé en 2016 s’épanouir, plus encore qu’elles ne le sont déjà.

J’ai cru comprendre que beaucoup étaient contents que 2016 s’en soit allée. Pourtant, à bien des égards, je trouve qu’elle fut bonne. Je l’espère cependant moins que celle qui nous attend. Bonne année 2017 à tous et n’oubliez pas de sortir quand il pleut !

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