Les injonctions contradictoires #2 : la zone de confort

Ci-joint ma chronique pour le Tafeur, magazine musical de la région Montpellieraine paru le 15 avril, destinée à paraître tous les deux mois.

comfort zone

On nous rebat beaucoup, beaucoup, beaucoup trop les oreilles avec la zone de confort. Non vraiment. Au point que ça en devient culpabilisant, surtout quand on devient un peu trop précis sur ce qu’elle est et n’est pas.

Personnellement j’ai commencé à entendre parler de ce concept étrange il y a 6 ans, dans un épisode de la première saison de Girls de Lena Dunham. Celle-ci se rend à un entretien d’embauche, pour un job qu’au final elle n’aura pas, mais où la recruteuse, derrière ses lunettes de mérou, lui désigne ostensiblement un schéma sur le mur derrière elle. Celui choisi pour illustrer cette chronique, que vous avez sans doute déjà vu. Depuis, la notion a fait son chemin, on peut trouver à la pelle des petites vidéos ou articles mignons ou au contraire vaguement tyranniques vous expliquant que faire et comment le faire pour sortir de cette fameuse zone qui apparemment vous empêcherait de vivre votre vie comme elle devrait l’être, à 1000 à l’heure.

Mais au fait, comment devrait-elle être vécue, votre vie ? Dire que certains pensent encore que c’est quelque chose dont chacun devrait décider selon ses propres aspirations ! On décrit généralement la zone de confort comme l’ensemble des choses que vous faites par habitude, sans les questionner, sans oser faire différemment par peur de la honte, l’inconnu, peur de la peur elle-même. La zone de confort en soi n’est pas un mauvais concept, je pense sincèrement qu’il peut être en effet bénéfique de questionner nos croyances, nos limites, nos idées préconçues, d’aller vers ce qui nous attire même si cela nous fait peur. C’est donc un outil d’évaluation comme un autre et, en tant que tel, il ne devrait être subverti par aucune norme autre que notre échelle des valeurs personnelle. Mais on commence à piger que ça ne marche pas comme ça, hein, depuis le temps.

Selon la vision répandue de la zone de confort de l’humain moderne, il faudrait, pour en sortir, se risquer dans les sports extrêmes, voyager beaucoup, draguer beaucoup (si l’on est un homme, spécule-je bêtement), monter sa propre boîte, gérer tout un tas de gens, parler plus fort que tout le monde. Quid de certaines qualités qui font le vivre ensemble plus agréable, telles que l’empathie, l’écoute, la discrétion, le temps du repos, de la pensée ? Point ? Comme c’est étrange…

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