« Breathe me », Sia – Six Feet Under

Alerte ! Cet article spoile salement et sans aucun remord la fin de Six Feet Under !

 

Ceci est le premier article d’une série concept nommée 31 chansons : plus d’explications ici !

 

 

 

Pour ouvrir cette rubrique de 31 chansons de films qui m’ont marqué, y avait-il vraiment une meilleure chanson et une meilleure scène que Breathe me de Sia, sur la scène de fin de Six Feet Under?

Je ne pense pas, car cette série, cette fin et cette chanson m’ont marqué au fer rouge et je ne suis pas la seule. Rien que d’y repenser, j’ai la chair de poule et envie de pleurer.

 

La série de Alan Ball est considérée à juste titre comme un pur chef d’oeuvre et je ne peux qu’être d’accord, tant cette série a absolument tout révolutionné dans tous les domaines et ouvert la voie à plus ou moins tout ce que nous apprécions tant aujourd’hui.

Des anti-héros tellement humains qu’on ne les trouve pas toujours attachants mais dont on s’est senti si proches qu’il a été incroyablement difficile de les laisser partir. Le dernier épisode de la série est considéré comme l’un des meilleurs toute série confondue encore aujourd’hui, ce qui, vu la qualité en constante hausse, n’est pas peu dire. Pourtant, je suis persuadée qu’il le restera encore longtemps.

Ces personnages si mal dans leurs peaux qu’on a vu se construire au fur et à mesure des saisons, grandir, tout perdre, se relever, se débarrasser de leurs préjugés et de tout ce qui les embarrassait pour enfin essayer d’être heureux, tout ce qui faisait que cette petite famille Fisher était aussi exceptionnelle que dysfonctionnelle, il fallait pourtant dire au revoir à tout ça. Alors autant que ça soit de la plus belle manière possible.

Et dans ce final, on leur dit vraiment au revoir, et cette fois on sait qu’ils ne continueront pas leur vie ailleurs, loin des caméras. Après les adieux déchirants de Claire quittant sa famille pour tenter l’aventure à New-York, on la suit alors qu’elle sort de Los Angeles en voiture.

Elle est au volant et elle pleure, elle pleure de quitter sa famille alors que rien à part elle-même ne le lui imposait. Au fur et à mesure ses larmes sèchent alors qu’apparaissent des images vaporeuses et prémonitoires des prochaines années d’elle et ses proches.

Dans ces songes qui n’en sont pas vraiment, on voit apparaître chacun des membres de la famille Fisher élargie, les grands moments de leur vie, comme des mariages ou des naissances et bien sûr, puisque nous sommes dans Six Feet Under, leurs morts.

Où l’on découvre que la mère Ruth s’endort pour de bon à l’hôpital après avoir revu dans ses délires son mari Nathaniel mort au début de la saison 1 et son fils Nate, mort lui aussi quelques épisodes plus tôt. Que David et Keith, après avoir adopté deux frères orphelins, vont finalement eux aussi se passer la bague au doigt.

Tout comme Claire qui épouse finalement son amoureux de la dernière saison, venu la retrouver à l’enterrement de sa mère. Que Keith se fera tuer de plusieurs balles dans le corps à la sortie d’un fourgon blindé. Que David lui-même mourra de vieillesse, au soleil, lors d’une fête où il croira l’espace d’un instant voir son amant puis mari, redevenu jeune par la grâce du souvenir, courir au milieu des enfants.

Que Rigo succombera à une crise cardiaque sur un bateau de croisière, en compagnie de la femme qu’il aura essayé de fuir avant de comprendre qu’elle était la seule et l’unique. Que Brenda mourra en maison de repos et que la dernière personne qu’elle verra sera son frère, sans doute le seul homme qui l’ait aimé en dépit de tout et surtout d’elle-même.

Et que Claire, pour finir, s’éteindra très très vieille dans une chambre un peu futuriste, la photo de son amant prise 50 ans auparavant accrochée au mur.

Car en dépit de nous laisser voir la fin de tous les personnages, la scène et la série se finissent finalement sur la voiture de Claire fonçant à travers le désert, vers le nouveau et l’inconnu, dans un de ces plans grandioses d’une route seule au milieu des espaces vierges, dont les films américains ont le secret.

Un final magnifique et optimiste, pour une série magnifique et plus optimiste qu’il n’y paraît.

Six Feet Under n’est pas une série facile à regarder, certains épisodes parlent de choses si dures qu’ils sont même franchement pénibles à voir. Sa grande force sont ses thématiques et ses personnages, qu’on oublie jamais tant on a partagé chacune de leurs difficultés et chacun de leurs atermoiements.

Je pense qu’on peut donc dire que le jeu en vaut la chandelle. 

 

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