Mes kifs de septembre et octobre

Vers la mi-septembre, j’ai commencé à écrire une fois par semaine des choses que j’avais aimé à ce moment. C’est à force d’écouter le podcast Laisse-moi kiffer de Madmoizelle.com, qui est maintenant passé en hebdomadaire récemment, ce qui aurait pu être un kif de cette liste.

L’écouter à chaque sortie me rend hilare pour la journée et j’ai toujours un peu hâte grâce à lui que le mercredi arrive car les gens qui le peuplent sont tous à la fois intéressants et totalement délirants. J’aime cette idée que chacun des participants vienne chaque épisode avec un mini-kif et un gros kif qu’ils présentent à nos oreilles alertes.

À force, ça m’a fait moi aussi me demander plus régulièrement quels étaient mes kiffs, culturels c’est sûr mais aussi de vie plus généraux, mes kiffs du quotidien. Et j’ai, comme souvent une fois que ces idées me viennent en tête, eu envie d’en faire quelque chose et ce quelque chose se matérialise souvent en article de blog.

Aucune idée si ce sera une série (j’en ai déjà pas mal en cours mais il ne faut pas avoir peur d’abuser des bonnes choses) mais j’attendais avec impatience de pouvoir m’y mettre après les avoir amassé comme un écureuil en prévision de l’hiver.

Voici donc ce que j’ai kiffé depuis mi-septembre, que des kifs également bienfaisants à des niveaux différents !

 

  • Revenir à Budapest presque 3 ans après en être partie

J’ai profité de ce pont du 1er novembre pour revenir à Budapest, ce que je n’avais pas fait depuis mon départ définitif en mars 2016, après y avoir vécu 3 années parmi les plus intenses de ma vie et y avoir laissé derrière moi nombre de personnes importantes.

Je n’ai pas pu revoir toutes ces personnes parce que le temps manquait mais j’ai revu celles et ceux qui comptaient vraiment et c’était extraordinaire. J’ai eu l’impression de remonter dans le temps car cette ville représentera pour toujours mes années de 23 à mes 26 ans et la quitter a été une décision difficile. J’ai d’ailleurs ouvert ce blog avec une lettre hommage à cette ville qui m’a tant apporté mais qu’il a fallu se résoudre à quitter pour avancer dans ma vie.

Mais de toute évidence je n’ai pas fait que remonter le temps, il m’a surtout prouvé qu’il avait passé. Des amies ont acheté des appartements, se sont installées en couple et ont fait des enfants, réfléchissent comme moi, comme nous tous, à comment orienter leur vie. Mais leur vigueur de vivre est toujours là et leur amitié toujours aussi forte malgré la distance et ça faisait du bien de pouvoir le constater autant que de pouvoir vraiment les prendre dans mes bras.

Budapest aussi a changé, j’en suis partie en 2015, alors que le tourisme augmentait à vue d’oeil. Trois ans après, il a bel et bien imprimé sa marque indélébile : il ne se passait pas une journée sans que j’entende que mes endroits favoris allaient fermer ou avaient déjà été transformés en hôtels. La spéculation délirante qui en résulte (en partie) continue de faire son travail de sape et d’envoyer tout le monde peupler les banlieues.

Ça m’a fait d’autant plus réfléchir à l’impact que nous pouvons tenter d’avoir sur notre environnement, comment nous pourrions arrêter de consumer les villes et les paysages comme nous consommons des fruits qui viennent de l’autre bout du monde et des téléphones avec des métaux rares dedans extraits par des enfants. Des résolutions ont été prises, ça ne sera pas vain.

 

  • Einar Selvik, ou Kvitrafn de son nom de scène

Sans doute l’auteur de mes plus gros kiffs musicaux de ces derniers mois voir, oserais-je le dire?, de ces dernières années. Einar Selvik est un chanteur-compositeur-musicien multi instrumentaliste norvégien surdoué et doté de la grande barbe blonde qui sied à son personnage.

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Photo : Solbakken Foto

Je l’ai découvert via son projet musical Wardruna, maintenant achevé en 3 albums et un album live qui va bientôt sortir. Je me suis retrouvée totalement ensorcelée, à l’écouter toute la journée et même parfois pour m’endormir, en boucle et sans relâche. Je l’écoute en ce moment même en écrivant ces lignes.

Je me suis ensuite intéressée à la discographie du bonhomme et j’ai bien fait, j’en ai découvert des belles choses. Il est l’un des auteurs de la bande-son de la série Vikings, a composé des musiques pour le jeu vidéo The Witcher, a été le bassiste de Gorgoroth et a composé deux magnifiques albums avec Ivar Bjørnson du groupe Enslaved pour les 200 ans du royaume de Norvège, entre autres collaborations fructueuses comme avec le groupe allemand Faun.

C’est donc un de ces touche-à-tout de génie comme on en trouve tant dans le Metal, à l’aise avec tant de styles différents et avec cette passion pour la recréation des ambiances naturelles et de la vérité historique qui ne me laissent pas indifférente.

 

  • Passer du temps en famille

En septembre je suis retournée une semaine en France, comme environ une fois tous les 5 ou 6 mois. Entre ma dernière visite et maintenant, beaucoup de choses se sont passées, je suis sortie du chômage, j’ai écrit un scénario, j’ai eu mon permis de conduire, j’ai envisagé d’habiter avec mon copain et j’ai commencé une thérapie. Ma dernière visite avait été marquée par l’angoisse du chômage et de l’argent qui vient à manquer et globalement un sentiment profond d’être totalement perdue dans ma vie. Comme souvent, dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie, rentrer en France et m’enfermer dans ma chambre d’enfant jusqu’à ce que le monde devienne un endroit plus clément.

Cette fois donc j’allais beaucoup mieux et j’avais avancé très visiblement dans ma vie. J’ai donc pu apprécier mon séjour sans être perclue d’angoisse du futur, j’ai pu profiter de ma famille sereinement et me rendre compte plus encore à quel point ils me manquent et combien être ensemble nous fait du bien. Je suis rentrée fatiguée et malade mais nourrie émotionnellement et c’était un moment génial !

 

J’écoute un nombre assez hallucinant de podcasts par semaine et il y en a au moins 15 dont je ne rate pas un épisode, c’est du boulot ! Là aussi il faudrait que j’écrive un article pour vous parler de mes préférés mais tout commence avec une première pierre et cette première pierre, la voici :

“Entre nos lèvres” est un podcast animé par deux jeunes femmes, Céline et Margaux, depuis cet été et prend la forme d’un long entretien avec une femme ou un homme (pour le moment c’est plutôt des femmes) sur le sujet fort vaste de la sexualité. Il y a en ce moment une explosion de podcasts sur le sujet, c’est une merveilleuse chose car il faut en parler, encore et encore. Nous manquons d’histoires de femmes ou d’hommes, gays ou pas, trans ou pas, d’histoires de vie normales ou moins normales et de gens qui en parlent comme le font les invité.e.s de “Entre nos lèvres”.

Les épisodes d’”Entre nos lèvres” sont longs et c’est tant mieux car il faut bien ça pour les histoires qui s’y racontent, celles d’inconnu.e.s qui se livrent totalement.

Alix raconte par exemple comment elle vit sa virginité tardive, Céline nous raconte l’histoire insoutenable des deux viols qu’elle a subi, Laetitia parle de sa relation abusive mentalement et physiquement et de comment elle s’en est sortie et Léo de l’acceptation difficile de son homosexualité par sa famille.

Je suis ressortie de ces épisodes absolument bouleversée à chaque fois, j’ai ressenti le besoin d’en réécouter certains pour mieux comprendre et m’imprégner. Je salue le courage des participant.e.s pour raconter leurs histoires et leur résilience face à ce que la vie peut amener de plus laid. Ils sont plein d’espoirs, de doutes et ils en parlent comme s’il n’y avait pas de lendemain.

 

  • Penser à ma future nouvelle maison

Avec mon copain, nous avons décidé de nous installer ensemble après un an et demi de relation. Nous avons commencé à en parler cet été mais les recherches n’ont vraiment commencé qu’en octobre, le temps de se faire à l’idée. Je n’ai jamais habité avec mes exs, c’est un pas important pour moi et plutôt flippant.

Je vais donc quitter ma petite colloc et ma petite chambre. Et je me suis surprise pour la première fois depuis que j’ai quitté la maison de mes parents à penser à comment j’allais investir, aménager et décorer ce futur appartement, ce que je ne prenais que peu le temps de faire avant en sachant que ma chambre du moment n’était toujours que transitoire. Alors que ça n’avait jamais été le cas, j’ai envie maintenant d’avoir mon nid et je suis infiniment reconnaissante au destin / karma / univers / Dieu / la chance, ce que vous voulez, d’avoir mis sur ma route un homme qui m’a donné envie de le partager avec lui (et qui, accessoirement, a envie de le partager avec moi).

Je ne sais pas du tout quand ça se concrétisera, chercher un appartement dans une grande ville avec un budget limité est une tannée. Mais je suis heureuse de savoir que ça va arriver et d’avoir encore un peu de temps pour m’y projeter car c’est aussi assez agréable finalement.

 

  • Sorcières : la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet.

Je pense que ça ne surprendra personne qui suit ce blog depuis un moment, je suis totalement obsédée par Mona Chollet. Je veux la marier et qu’elle m’écrive des livres, on causerait féminisme et tyrannie de la réalité au coin d’un feu de bois.

Le deuxième article de la vie de ce blog était une déclaration d’amour à son livre Chez soi qui était alors sorti depuis quelques mois et que j’avais eu le temps de polir et de méditer jusqu’à plus soif. Je ne vais pas recommencer l’exercice car ce serait un peu redondant mais Sorcières est dans la même veine. On sent en plus qu’elle a peu à peu troqué son côté universitaire et roide pour un savant mélange de recherches empiriques et d’anecdotes personnelles, en faisant sienne la citation de Virginia Woolf qui dit qu’une femme qui écrit rend important ce qui semble insignifiant à un homme et inversement.

Elle est vraiment devenue une femme qui écrit sur les femmes et pour les femmes. De cela, je ne peux que encore une fois la remercier et retourner polir et méditer Sorcières comme il se doit.

 

  • Prendre du repos et du temps pour soi

J’avais passé tout un article à geindre comme quoi j’étais fatiguée (ce qui m’avait provoqué les foudres méritées de certaines amies mères d’enfants en bas-âge) donc voilà, je suis passée à l’action et j’ai pris du repos.

Passée à l’action dans le sens où j’ai continué à bosser 8h par jour mais où le soir je ne faisais rigoureusement rien, annulant tous mes plans et activités, tout écran hors de portée et dodo à 22h.

C’était génial, je pense que c’est quelque chose qu’il serait bon de faire peut-être un peu plus souvent que tous les 6 ans !

 

  • Outlander le livre (et la série dans une certaine mesure) de Diana Gabaldon

J’avais commencé la série en 2016 et, pour une raison que je ne m’explique pas, sans doute par manque de temps, je n’avais pas continué après la saison 1 alors que je l’avais adoré.

Je n’avais pas pensé non plus à lire les bouquins mais le hasard a fait qu’on me les a fait passé en format liseuse. Je suis tombée dedans en trois pages. C’est formidablement bien écrit et, puisque je le lis en français, je peux témoigner que c’est formidablement bien traduit aussi. J’avais déjà vu la saison 1, je savais donc à peu près les grandes lignes et ça a renforcé mon admiration pour la série en constatant que l’adaptation est elle aussi très bien pensée et a fait des choix que j’approuve totalement.

J’en suis maintenant au tome 2 et il me tarde de voir la saison 2 pour voir quels choix narratifs ont été faits car les livres sont si denses et riches en détails que ça doit être un casse-tête sans nom à adapter. J’ai ri, j’ai pleuré et globalement je ne peux plus lâcher ces bouquins tellement ils sont merveilleux, documentés, romantiques à souhait sans être fleur bleue cucu, avec un suspense de dingue et des personnages incroyables.

J’adore la possibilité de passer de l’un à l’autre et de les apprécier en parallèle, ce dialogue permanent entre les 2 oeuvres, la façon dont ils s’enrichissent l’un l’autre pour moi !

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(Puis bon, je ne pouvais pas parler de Outlander sans mentionner… ben voilà quoi, l’effet que produit Sam Heughan, l’interprète de Jamie Fraser dans la série, sur absolument toutes les femmes et sans doute quelques hommes que je connais… Celles qui ont vu savent, je ne vais pas m’attarder sur le sujet car je deviendrais lubrique et croyez-moi que vous n’avez pas envie de ça)

 

Je ne suis pas une grande folle d’Instagram, mon compte me sert surtout à suivre des illustratrices ou illustrateurs et des comptes qui montrent des photos de belle nature et d’animaux sauvages. Je suis par contre une grande fan de Slate.fr et notamment des articles d’Elise Costa qui y officie comme journaliste judiciaire et dont j’admire la plume incroyable. En entendant qu’elle avait fait une série de stories sur Instagram où, tenez-vous bien, elle réinventait juste totalement une nouvelle façon de raconter des histoires en s’adaptant aux qualités et aux défauts de ce medium, j’étais séduite d’avance.

Et je n’ai pas été déçue. Les stories sont toujours visibles sur son compte et c’est une tuerie. Elise raconte tout simplement ses vacances en famille dans un petit village perdu et vide des Pyrénées. Vraiment très perdu et vraiment très vide, où seul le son de la cloche vient vous distraire du silence oppressant et où il se passe parfois des choses étranges…

Pas de spoilers donc chut, allez voir !

 

Une réflexion au sujet de « Mes kifs de septembre et octobre »

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