« Sweet child O’ mine », Guns N’Roses / Karizma Duo – Captain Fantastic

Alerte ! Cet article spoile salement et sans remord Captain Fantastic !

Ceci est le septième article d’une série concept nommée 31 chansons : plus d’explications ici !

Et les autres articles ici !

 

Je ne connais pas grand monde qui ait quelque chose à reprocher à Captain Fantastic (éventuellement son titre, je vois pas le rapport mais c’est vraiment pour faire du foin gratuitement). Tous les gens que je connais ayant vu ce film sont tous tombés en extase, tous, moi y compris.

Pour ceux qui ne se souviendraient pas, ça ressemblait à ça :

Tout dans ce film est beau, bien pensé, réfléchi, finalement pas si manichéen quand on voit la fin (ça va un peu plus loin que les méchants capitalistes contre les gentils hippies), les acteurs sont cools, on voit Viggo Mortensen à poil (et sans barbe, ce qui est une image que je veux oublier le plus vite possible), bref c’est bien.

Et la BO, bien sûr, fait partie intégrante de ce qui est vraiment cool dans ce film. Évidemment beaucoup de folk, nous sommes après tout dans un film américain indépendant, c’est un peu leur marque de fabrique. Beaucoup de chansons avec des guitares sèches au coin du feu, donc, car c’est aussi le sujet du film : comment vivre dans la forêt sans écran en 2016, il faut bien s’occuper n’est-ce pas?

Parmi toutes les scènes d’anthologie de ce film qui se déroulent avec un fond musical plus ou moins présent ou prononcé, celle qui m’a le plus fait vibrer, voir pleurer, est celle qui se déroule sur la version du groupe Karizma Duo de la chanson phare de Guns N’Roses “Sweet child O’mine”. Reprise folk avec gratte sèche et tambourin bien sûr, film américain indépendant, feu de bois dans la forêt, tout ça.

J’ai l’air de me moquer peut-être mais pas du tout : il y a une excellente raison à cela. Cette scène est l’une des dernières du film, la plus emblématique, celle qui couronnera le succès des personnages à accomplir la mission qu’ils s’étaient confiés, brûler le corps de leur femme et maman selon les rituels bouddhistes et enfin parvenir à faire leur deuil.

Mission ô combien compliquée par tout un tas d’interférences, dont celle pas des moindres qui a consisté dans la scène d’avant à déterrer le corps déjà enterré au cimetière protestant par la belle-famille ultra religieuse de Viggo Mortensen (et qui donc, cela va presque sans dire, ne le portaient pas spécialement dans leurs coeurs, ni lui ni son projet de faire de ses enfants des super-hommes et femmes, forts et éveillés à sa vérité contre laquelle il est souvent dur de ne pas être d’accord).

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Au cours du voyage initiatique que raconte le film, les membres de la famille, à priori parfaitement unis dans la haine et l’incompréhension du monde accouché par la civilisation thermo-industrielle, ont mis à l’épreuve les liens qui les unissent au point de manquer les rompre alors que des différences d’opinions se faisaient jour. La confrontation avec le monde “réel” diminuant grandement l’influence du patriarche Viggo Mortensen sur ses enfants, ceux-ci ont pu se forger leurs propres idées sur beaucoup de choses, pour le meilleur ou pour le pire. Après beaucoup de drames, cette scène au bord d’un lac montre qu’ils ont su triompher de ces épreuves et que leur amour les uns pour les autres n’en est sorti que grandi.

Pour fêter cela au moins autant que la crémation de leur femme et mère, ils allument donc un grand bûcher pour brûler le corps tout en chantant et dansant autour joyeusement car qui a dit que dire adieu à un proche devait forcément être triste?

Surtout que, comme un ultime hommage aux belles choses de la civilisation dont ils ont tout fait pour s’éloigner, ils entonnent la chanson favorite de la défunte, “Sweet child O’mine” donc. Chanson qui peut être vue, de part ses paroles, comme une réconciliation post-mortem avec la maternité pour la défunte, décédée dans un hôpital psychiatrique parce que donner la vie et élever des enfants, peu importe combien elle les aimait, l’avait justement rendue folle

Normalement là, tout le monde s’effondre devant la magnificence du symbole, moi perso je ne manque pas de verser ma petite larme à chaque fois.

Surtout quand on sait que les cendres de la morte finiront dans les chiottes d’un aéroport, c’est encore plus beau.

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