Ce n’est pas la faute des femmes si elles sont moins payées, jamais

Depuis quelques temps j’entends souvent que, si les femmes sont moins payées que les hommes, c’est parce qu’elles osent moins demander des augmentations, qu’elles attendent d’être sûres d’avoir 100% des compétences requises pour candidater à un poste alors que les hommes se satisfont d’être nuls à 54% pour le poste brigué, qu’elles négocient moins efficacement leur rémunération à l’embauche.

Et qu’elles ont d’excellentes raisons de faire tout cela, la faute à l’éducation différenciée, au fait qu’elles se font traiter de harpies si elles ouvrent la bouche depuis toujours et qu’elles n’ont globalement aucune confiance en leurs capacités parce qu’on les a dénigré et étouffé dans l’oeuf depuis environ le moment où on sait qu’elles n’auront pas de zizi alors qu’elles flottent encore pépères dans le liquide amniotique sans se préoccuper de la balance du commerce extérieur.

Mais à un moment, pardon hein (je m’excuse, désolée, pardon), il faudrait peut-être là aussi arrêter de nous prendre pour des raies (le poisson, pas ce qui se trouve entre vos deux fesses). Encore que, paraît-il, à l’échelle des poissons, les raies sont assez intelligentes. Un peu comme les femmes à ce qu’on dit, on leur concède une certaine capacité intellectuelle mais pas au point d’être capables d’égaler, disons, les poulpes / hommes.

Or donc, les femmes, ces êtres faibles et si facilement manipulables, sont tellement persuadées d’être nulles qu’elles en viennent à se dire que si elles ne sont pas payées autant que les hommes c’est qu’elles sont donc plus nulles. Non seulement nulles en terme de compétence pure mais nulles aussi en termes de négociation, nulles socialement car trop timides, bref qu’au final si elles ont moins d’argent, si elles travaillent plus à mi-temps (80% des travailleurs à temps partiel possèdent une vulve, rappelons-le) c’est qu’elles n’ont que ce qu’elles méritent.

DONC BEN NON. Merde. C’est un grand classique de rendre les dominé.e.s responsables de leur mauvaise fortune. Sauf que comme on ne peut plus le justifier aussi facilement qu’avant parce que, heureusement, les temps changent (on peut plus rien dire gnagnagna), il faut donc trouver des moyens un peu plus subtils pour les neutraliser. Puisqu’on ne peut plus trop maintenant faire comme si les femmes partaient avec les mêmes chances que les hommes et Dieu merci, on va quand même trouver le moyen de leur faire comprendre que c’est quand même un petit peu de leur faute et individualiser le problème. Ben oui parce que quand on dit à une femme qui postule pour un poste qu’elle ne l’a pas eu car elle n’a pas été assez bourrine pour se faire remarquer, on rejette la faute sur elle pour éviter de dire que peut-être, si son collègue masculin a eu, lui, le poste alors qu’il est moins compétent, c’est sa faute à elle et pas juste parce qu’elle est une femme.

La double peine quoi, comme d’hab. On t’a éduqué pour que tu te sentes inférieure mais c’est tout de même de ta faute et pas celle d’un système vicié.

2019 ressemble à tous les siècles précédents.

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