Les Injonctions Contradictoires #4 : faut-il être heureux pour être heureux?

Ci-joint ma chronique pour le Tafeur, magazine musical de la région Montpellieraine paru le 16 octobre dernier, durant ma période de césure donc, d’où cette publication tardive! C’est en hiatus de leur côté aussi en ce moment, aucune idée de quand va sortir la prochaine donc!

source graphicreflections.org

Vaste question qui nous obsède plus que de raison, depuis un certain nombre d’années que je n’identifie pas. C’est une tendance après tout, pas la date de parution d’un bouquin, mais on est forcé de constater que cela prend beaucoup de place dans nos vies. Cela, c’est l’injonction au bonheur. Vous me direz avec toute la sagesse qui vous caractérise que je me plante complètement et que l’injonction au bonheur n’est en rien contradictoire. On veut être heureux, on cherche des solutions pour ça, point barre.

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Lettre à la moi de 17 ans

Note: cet article a été inspiré par la sortie du livre Lettres à l’ado que j’ai été, sorti le 14 mars, coordonné par Jack Parker et rassemblant de fines plumes du monde du spectacle et de l’Internet. Pas lu encore, un jour peut-être!

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Coucou toi ! Alors, est-ce que ça va comme tu veux ? Je devrais peut-être d’abord te demander quel âge ça te fait là maintenant, histoire de savoir à peu près où tu en es en ce moment. 17 ans ? Mais dis donc, c’est que ça pousse, incroyable, tu es presque une adulte maintenant! Tu te rends compte que bientôt tu vas pouvoir voter ? Bon ok, je ne remue pas le couteau dans la plaie, ça n’est pas très sympa. Tu vas avoir 18 ans en juillet et l’élection présidentielle va avoir lieu en mai. Tu vas donc rater à quelques mois près l’occasion de donner ton avis sur la première élection à laquelle tu t’intéresses et dont tu comprends à peu près les enjeux, c’est râlant mais enfin c’est comme ça, tu vas avoir l’occasion de te rattraper, ne t’en fait pas !

Je sais, ça n’aide pas trop à faire passer la frustration mais là pour le moment je ne peux pas trop faire mieux que ça. Là en revanche où je peux faire mieux, c’est en arrêtant de m’extasier sur le fait que tu es presque une adulte parce que je sais, oh oui je sais, à quel point c’est compliqué pour toi en ce moment. Cette assertion, tu l’entends sans arrêt, tous les jours, sous toutes les formes et venant de personnes différentes chaque fois et cela te terrifie désormais autant que cela t’ennuie. Que moi, du haut de mes 28 ans, je vienne m’ajouter à cette liste, ça ne va certainement pas t’aider et pourtant, je suis là un peu pour ça, tu vas voir.

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Je reviens

Ou en tout cas j’ai envie.

Lorsque j’ai publié mon dernier article sur ce blog en septembre dernier, je ne savais honnêtement pas si j’allais un jour y revenir. Je m’embarquais alors dans une aventure plutôt étonnante dont je n’avais aucune idée d’où elle allait me mener (et en fait, je ne sais toujours pas). Tout ce que je savais c’était que cette aventure et ce blog ne pourraient pas coexister ensemble et que j’allais devoir céder l’un à l’exigence de l’autre. Ce fût le blog donc, comme vous le savez.

Je vous raconterai bientôt cette aventure, où en tout cas comme elle a commencé, dans un prochain article. Maintenant parlons un peu de choses sérieuses: j’ai adoré cette régularité qui a été la mienne pendant ces 8 mois, un article par semaine, une traduction par semaine, c’était le pied vraiment. Mais si j’ai arrêté tout d’un coup ça a aussi été parce que ça m’a énormément épuisé créativement. Aussi je ne pense pas revenir à ce rythme hebdomadaire maintenant pour Indices Pensables, essayons déjà de voir ce que donnerait un rythme bimensuel, comme ça, pour voir…

Pas encore décidé par contre si j’allais recommencer aussi les traductions et les webreviews ceci dit, ma cure de média a eu l’effet escompté (ainsi que j’en parlais dans mon dernier article, à savoir une raison de plus de faire une pause dans le blog) et je n’ai plus grand chose à y mettre… mais le moins qu’on puisse dire c’est que ça fait du bien!

Mais si je reviens après avoir pourtant beaucoup hésité, c’est parce que les derniers mois que j’ai passé sans écrire m’ont épuisé tout court et ont été parmi les plus éreintants de ma pourtant plus si brève existence. Ces derniers mois j’ai dû aller puiser dans des ressources mentales et physiques dont j’ignorais même que je les possèdais. Je ne suis pas mécontente du voyage mais l’issue en est finalement bien plus incertaine que je me plaisais à l’imaginer en m’y embarquant de mon plein gré alors même que personne ne m’avait forcé à le faire. Et maintenant que j’ai de nouveau du temps et des neurones qui fonctionnent à peu près correctement, je ressens à nouveau le besoin d’écrire. Parce que tout part de là en fin de compte, j’ai pensé que m’en éloigner m’ouvrirait de nouveaux horizons mais c’est l’inverse qui se produit, j’y reviens encore et toujours et bordel, ça fait du bien!

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Salut à vous!

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(Cet article sera illustré de photos n’ayant aucun rapport les unes avec les autres)

Nous sommes en septembre, ce qui était pendant très longtemps finalement le moment où l’année commençait vraiment, pas tellement le 1er janvier en fait, du fait de la rentrée scolaire. Marrant comme je sens toujours à la fin du mois d’août un petit pincement au cœur du fait de l’arrivée de septembre, quand bien même je n’ai quasiment pas eu de vacances cette année et que j’ai bossé tout l’été ou presque.

Mais il est bien là ce pincement, le même qu’on a quand quelque chose se termine et qu’on ne sait pas trop ce qui va arriver après, un peu comme à la fin du mois de décembre, la fête et les festins en moins. Début septembre on a pas vraiment la tête à ça pourtant et c’est dommage, ça aiderait sans doute à faire passer la pilule.

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(Anouk Ricard. Parce que.)

Septembre arrive avec son renouveau et cet article est le 49ème du blog. Ça fait beaucoup, en l’ouvrant je ne pensais pas y arriver si vite et pourtant. Ça signifie que sa traduction sera le cinquantième article.

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Tchüss

J’adore les blogs. Vraiment. Je dois au final lire beaucoup plus d’articles de blogs chaque jour que d’articles de journaux en ligne. Certains de mes petits préférés sont actifs depuis si longtemps et ont un tel talent pour parler de leur passion et se raconter eux même que j’en suis venue à considérer certains comme des amis intimes. Des amis intimes qui ne savent rien de moi certes, c’est une drôle de conception de l’intimité je sais mais il n’empêche qu’elle existe, qu’elle me rassure, qu’elle me plaît et qu’elle me fait du bien alors je ne m’en prive pas.

J’ai mes blogueurs et bloggeuses favoris, mes fournisseurs de came officiels les plus adorés, comme les Youtubeurs et Youtubeuses qui ajoutent une dimension plus tangible au texte, se racontent d’une autre façon. J’en ferai peut-être une liste pour vous les présenter un jour. Mais pas aujourd’hui car aujourd’hui je suis triste. Parce qu’une de ces bloggeuses, une de ces amies qui ignore qu’elle l’est, a décidé de s’arrêter. Ou tout du moins d’arrêter le blog grâce auquel j’ai découvert sa patte à nulle autre pareille, celle qui m’a permis d’aimer une ville dans laquelle j’ai n’ai pourtant mis les pieds que cette année après plusieurs à la lire pourtant, Manon donc, la taulière de Génération Berlin.

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(Toutes les photos de Berlin présentes dans cet article sont de moi)

Ma porte d’entrée sur ce blog s’est faite grâce à un partage de cet article, qui décrivait avec lucidité et drôlerie les joies et les déboires de la vie en collocation. Charmée, j’ai ensuite entrepris de parcourir l’ensemble des billets. Parce que sous prétexte de parler de Berlin, Manon parle d’elle, de sa vie, d’expatriation, de différences culturelles, de ses amis, de ses amours et impossible donc de ne pas se retrouver dans ses différentes histoires. Mais pas que car en tant qu’artiste, elle parle d’art, de cinéma, de littérature, de musique. Parce qu’en tant qu’être humain elle parle aussi de racisme, de sexisme, de pauvreté, de drogue et d’addiction, de gentrification, qui sévit à Berlin aussi durement qu’ailleurs, d’histoire aussi, la grande, celle de Berlin Est et Ouest avec toutes ses duretés.

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Ces films d’amour qui ne sont pas des comédies romantiques

On désigne généralement le genre « comédie romantique » de cette manière: ce qu’il y a de plus important, ce sont les péripéties car la fin est évidente et bien connue de tous avant même que le film ne démarre. On sait que les deux héros vont finir ensemble à la fin, heureux et amoureux et ce peu importe ce qui les sépare au début, au milieu et même à la toute fin. Mieux même, plus ils se détestent ou sont dissemblables, plus gratinés et inattendus seront les obstacles à outrepasser pour enfin vivre leur amour.

 

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(Je ne parlerai pas de ce film car il m’a moins marqué mais il aurait eu tout à fait sa place: Celeste and Jesse forever, de Lee Toland Krieger)

C’est sans doute pour ça que les films de ce genre ont particulièrement explosés dans les années 90 et 2000, à une époque où l’on pouvait revendiquer une vision de la vie plus optimiste et où l’on acceptait sans doute aussi de s’identifier plus facilement à des personnages dont les vies ne ressemblaient pas du tout aux nôtres. Pour exemple, on parle souvent de Sex and the City pour ça, où en effet pour ce que j’en sais les vies des protagonistes, des New-Yorkaises free du frifri pétées de tunes qui enfilaient des talons de tailles de demies baguettes pour sortir se taper des cocktails en rêvant au Grand Amour, ne correspondaient pas à la vie de la majorité des personnes qui les regardaient. Mais quand bien même, c’était un moment où l’on croyait au progrès dans tous les sens du terme et je suppose qu’on ne les voyait pas comme des caricatures de modèles inatteignables mais comme des projections fantastiques de ce que nous pourrions vraiment être un jour. Maintenant on regarde Girls et Game of Thrones mais le moins qu’on puisse dire est qu’on s’y identifie en creux, par ce que les héros font mal plus que ce qu’ils font de bien.

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Les choses ont un peu changé aujourd’hui donc, les crises s’enchaînent, écologiques, économiques, les prises de conscience aussi et c’est heureux. Je crois qu’on peut aussi parler en ce moment d’une crise sentimentale (ou est-ce une révolution… ?) et au milieu de tout ça, les comédies romantiques qui dépeignent l’arrivée du Grand Amour, le Seul l’Unique Celui Qui Durera Toute la Vie et « Olala je m’y attendais tellement pas ! » n’ont plus tellement leur place. Au mieux les regarde-t-on avec l’œil un peu humide du cynique contrarié qui au fond y croit encore tout en sentant trop désabusé pour l’assumer pleinement.

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Les Injonctions Contradictoires #3 : le paradoxe de la salope

Ci-joint ma chronique pour le Tafeur, magazine musical de la région Montpellieraine paru le 27 juin, destinée à paraître tous les deux mois.

S’il y a bien un domaine dans lequel les injonctions contradictoires sont légion alors qu’on est pourtant supposés y être à peu près tranquilles (et d’une!), c’est bien la sexualité. Nous sommes plus que jamais encouragés, ou devrais-je dire harcelés à nous épanouir, à respirer le bonheur, à l’exhaler par tous les pores et cela passe nécessairement par une sexualité débridée.

Débridée oui car apparemment se contenter de baiser en missionnaire une fois par mois avec un seul partenaire et s’en porter très bien vous étiquèterait automatiquement comme personne très ennuyeuse, tous genres et sexualités confondus.

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