Lettre à la moi de 17 ans

Note: cet article a été inspiré par la sortie du livre Lettres à l’ado que j’ai été, sorti le 14 mars, coordonné par Jack Parker et rassemblant de fines plumes du monde du spectacle et de l’Internet. Pas lu encore, un jour peut-être!

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Coucou toi ! Alors, est-ce que ça va comme tu veux ? Je devrais peut-être d’abord te demander quel âge ça te fait là maintenant, histoire de savoir à peu près où tu en es en ce moment. 17 ans ? Mais dis donc, c’est que ça pousse, incroyable, tu es presque une adulte maintenant! Tu te rends compte que bientôt tu vas pouvoir voter ? Bon ok, je ne remue pas le couteau dans la plaie, ça n’est pas très sympa. Tu vas avoir 18 ans en juillet et l’élection présidentielle va avoir lieu en mai. Tu vas donc rater à quelques mois près l’occasion de donner ton avis sur la première élection à laquelle tu t’intéresses et dont tu comprends à peu près les enjeux, c’est râlant mais enfin c’est comme ça, tu vas avoir l’occasion de te rattraper, ne t’en fait pas !

Je sais, ça n’aide pas trop à faire passer la frustration mais là pour le moment je ne peux pas trop faire mieux que ça. Là en revanche où je peux faire mieux, c’est en arrêtant de m’extasier sur le fait que tu es presque une adulte parce que je sais, oh oui je sais, à quel point c’est compliqué pour toi en ce moment. Cette assertion, tu l’entends sans arrêt, tous les jours, sous toutes les formes et venant de personnes différentes chaque fois et cela te terrifie désormais autant que cela t’ennuie. Que moi, du haut de mes 28 ans, je vienne m’ajouter à cette liste, ça ne va certainement pas t’aider et pourtant, je suis là un peu pour ça, tu vas voir.

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Je reviens

Ou en tout cas j’ai envie.

Lorsque j’ai publié mon dernier article sur ce blog en septembre dernier, je ne savais honnêtement pas si j’allais un jour y revenir. Je m’embarquais alors dans une aventure plutôt étonnante dont je n’avais aucune idée d’où elle allait me mener (et en fait, je ne sais toujours pas). Tout ce que je savais c’était que cette aventure et ce blog ne pourraient pas coexister ensemble et que j’allais devoir céder l’un à l’exigence de l’autre. Ce fût le blog donc, comme vous le savez.

Je vous raconterai bientôt cette aventure, où en tout cas comme elle a commencé, dans un prochain article. Maintenant parlons un peu de choses sérieuses: j’ai adoré cette régularité qui a été la mienne pendant ces 8 mois, un article par semaine, une traduction par semaine, c’était le pied vraiment. Mais si j’ai arrêté tout d’un coup ça a aussi été parce que ça m’a énormément épuisé créativement. Aussi je ne pense pas revenir à ce rythme hebdomadaire maintenant pour Indices Pensables, essayons déjà de voir ce que donnerait un rythme bimensuel, comme ça, pour voir…

Pas encore décidé par contre si j’allais recommencer aussi les traductions et les webreviews ceci dit, ma cure de média a eu l’effet escompté (ainsi que j’en parlais dans mon dernier article, à savoir une raison de plus de faire une pause dans le blog) et je n’ai plus grand chose à y mettre… mais le moins qu’on puisse dire c’est que ça fait du bien!

Mais si je reviens après avoir pourtant beaucoup hésité, c’est parce que les derniers mois que j’ai passé sans écrire m’ont épuisé tout court et ont été parmi les plus éreintants de ma pourtant plus si brève existence. Ces derniers mois j’ai dû aller puiser dans des ressources mentales et physiques dont j’ignorais même que je les possèdais. Je ne suis pas mécontente du voyage mais l’issue en est finalement bien plus incertaine que je me plaisais à l’imaginer en m’y embarquant de mon plein gré alors même que personne ne m’avait forcé à le faire. Et maintenant que j’ai de nouveau du temps et des neurones qui fonctionnent à peu près correctement, je ressens à nouveau le besoin d’écrire. Parce que tout part de là en fin de compte, j’ai pensé que m’en éloigner m’ouvrirait de nouveaux horizons mais c’est l’inverse qui se produit, j’y reviens encore et toujours et bordel, ça fait du bien!

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Salut à vous!

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(Cet article sera illustré de photos n’ayant aucun rapport les unes avec les autres)

Nous sommes en septembre, ce qui était pendant très longtemps finalement le moment où l’année commençait vraiment, pas tellement le 1er janvier en fait, du fait de la rentrée scolaire. Marrant comme je sens toujours à la fin du mois d’août un petit pincement au cœur du fait de l’arrivée de septembre, quand bien même je n’ai quasiment pas eu de vacances cette année et que j’ai bossé tout l’été ou presque.

Mais il est bien là ce pincement, le même qu’on a quand quelque chose se termine et qu’on ne sait pas trop ce qui va arriver après, un peu comme à la fin du mois de décembre, la fête et les festins en moins. Début septembre on a pas vraiment la tête à ça pourtant et c’est dommage, ça aiderait sans doute à faire passer la pilule.

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(Anouk Ricard. Parce que.)

Septembre arrive avec son renouveau et cet article est le 49ème du blog. Ça fait beaucoup, en l’ouvrant je ne pensais pas y arriver si vite et pourtant. Ça signifie que sa traduction sera le cinquantième article.

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Tchüss

J’adore les blogs. Vraiment. Je dois au final lire beaucoup plus d’articles de blogs chaque jour que d’articles de journaux en ligne. Certains de mes petits préférés sont actifs depuis si longtemps et ont un tel talent pour parler de leur passion et se raconter eux même que j’en suis venue à considérer certains comme des amis intimes. Des amis intimes qui ne savent rien de moi certes, c’est une drôle de conception de l’intimité je sais mais il n’empêche qu’elle existe, qu’elle me rassure, qu’elle me plaît et qu’elle me fait du bien alors je ne m’en prive pas.

J’ai mes blogueurs et bloggeuses favoris, mes fournisseurs de came officiels les plus adorés, comme les Youtubeurs et Youtubeuses qui ajoutent une dimension plus tangible au texte, se racontent d’une autre façon. J’en ferai peut-être une liste pour vous les présenter un jour. Mais pas aujourd’hui car aujourd’hui je suis triste. Parce qu’une de ces bloggeuses, une de ces amies qui ignore qu’elle l’est, a décidé de s’arrêter. Ou tout du moins d’arrêter le blog grâce auquel j’ai découvert sa patte à nulle autre pareille, celle qui m’a permis d’aimer une ville dans laquelle j’ai n’ai pourtant mis les pieds que cette année après plusieurs à la lire pourtant, Manon donc, la taulière de Génération Berlin.

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(Toutes les photos de Berlin présentes dans cet article sont de moi)

Ma porte d’entrée sur ce blog s’est faite grâce à un partage de cet article, qui décrivait avec lucidité et drôlerie les joies et les déboires de la vie en collocation. Charmée, j’ai ensuite entrepris de parcourir l’ensemble des billets. Parce que sous prétexte de parler de Berlin, Manon parle d’elle, de sa vie, d’expatriation, de différences culturelles, de ses amis, de ses amours et impossible donc de ne pas se retrouver dans ses différentes histoires. Mais pas que car en tant qu’artiste, elle parle d’art, de cinéma, de littérature, de musique. Parce qu’en tant qu’être humain elle parle aussi de racisme, de sexisme, de pauvreté, de drogue et d’addiction, de gentrification, qui sévit à Berlin aussi durement qu’ailleurs, d’histoire aussi, la grande, celle de Berlin Est et Ouest avec toutes ses duretés.

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Le téléphone, la rue et le quiproquo de l’enfer

Une autre histoire bizarre qui n’arrive jamais dans les films car ça ne serait pas crédible une seconde

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(500 days of Summer, de Mark Webb)

J’ai déménagé au début du mois de juin, avec une connaissance rencontrée quelques semaines plus tôt. Cette connaissance s’appelle Pedro (pour une fois je vais mettre les noms, ça se justifie vous allez voir) et nous avons dû, pour des raisons évidentes d’organisation, discuter souvent par téléphone pour régler certains menus mais essentiels détails.

La veille de mon emménagement, je reçois à mon travail un appel d’un numéro inconnu. Je réponds, une voix d’homme que je n’identifie pas me demande si l’on peut discuter. En réponse à ma question, j’obtiens comme réponse « c’est Pedro ». Je ne me pose aucune question car même si environ 15 % de la population masculine portugaise porte ce prénom, seul un est à priori en possession de mon numéro de téléphone. Je lui dis que je suis occupée, demande si je peux le rappeler plus tard, il est d’accord.

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La FOMO : qui est-elle, quels sont ses réseaux ?

De tous les troubles générés par la vie moderne, je crois qu’aucun ne nous influence autant au quotidien que la FOMO. Ceci est un acronyme dégueulasse mais terriblement pratique signifiant Fear Of Missing Out, peur de rater quelque chose, cette affection qui nous fait sans cesse nous projeter mentalement dans un autre lieu où il se passe quelque chose d’autre que le lieu où nous nous trouvons dans l’instant. Ce faisant, nous déconnectant de ce que nous sommes en train d’y vivre. La FOMO est aidée en cela de son meilleur allié : le smartphone connecté.

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(Film partenaire du jour : What if de Michael Dowse, la meilleure comédie sur l’amour et la FOMO)

J’ai cédé au sortilège de la connexion hors de la maison il y a très peu de temps, 2 mois en fait, comme j’avais cédé au smartphone lui-même il y a environ 1 an et demi, lors de mon voyage au Brésil. C’était la bonne excuse, j’avais besoin d’un appareil qui me permettrait de contacter mes proches sans m’encombrer d’un ordinateur, j’ai découvert Whatsapp, Messenger, c’était parfait, ça s’est effectivement imposé. Dans ces cas-là, il n’y a pas de retour en arrière possible, une fois qu’on a goûté à la technologie. Aujourd’hui je ne me verrais vraiment pas retourner à mon vieux-phone sans Internet, sans applis et sans écran tactile. Et le cercle de la consommation par l’obsolescence programmée reprend de plus belle.

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Gentils, discrètes, incertains : les héros qui viennent

A R., pour m’avoir soufflé l’idée

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(Film-thème de cet article : Frances Ha, de Noah Baumbach)

Le moins que l’on puisse dire est que les gentils n’ont pas spécialement bonne presse dans notre société. « Etre trop gentil » sonne la plupart du temps comme une insulte et ne dit-on pas « trop bon trop con » pour faire honte à quelqu’un de généreux ayant eu l’audace de croire que tout le monde était comme lui?

Ou encore le fameux « tu te crois dans le monde des Bisounours? » qu’on retrouve repris à toutes les sauces, y compris les plus immangeables pour nous faire avaler n’importe quoi? J’ai récemment entendu des amis s’excuser de n’avoir pu ne serait-ce qu’un instant qu’ils y étaient, ou qu’ils auraient aimé y être dans ce fameux « monde des Bisounours » dont au final on ne connaît pas trop la teneur (personnellement pourtant l’idée de vivre en permanence sur des nuages entourées de gros nounours multicolores avec un joyau en plastique sur la poitrine passant leur journée à bouffer des sucreries ressemble déjà plus à l’idée que je me fais de l’Enfer mais passons).

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Sérieusement

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